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Assemblée générale de l’association des maires du Gard

 
Assemblée générale de l’association des maires du Gard

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Samedi 14 juin 2014, Didier Martin, Préfet du Gard, a assisté à l’assemblée générale de l’association des maires du Gard présidée par Madame Pilar Chaleyssin, en présence notamment du secrétaire général de la préfecture et des sous-préfets des arrondissements d’Alès et du Vigan.

Plus de 170 maires du département ont participé à cette assemblée générale à laquelle assistaient également Madame la sénatrice Françoise Laurent-Perrigot (représentant Damien Alary, président du conseil général), de Messieurs les sénateurs Jean-Paul Fournier et Simon Sutour et de Monsieur William Dumas, député du Gard.

Dans son discours, le préfet du Gard a rappelé la tenue des 4 réunions territoriales organisées suite aux élections municipales au cours desquelles il est allé à la rencontre des nouveaux élus.

Dans son tour d’horizon de l’actualité, il a également indiqué que la lutte contre le chômage est une des priorités dans le département. A cet égard, l’Etat se mobilise avec la mise en place des mesures du Pacte de Responsabilité et de Solidarité, notamment la création de la Banque publique d’investissement (BpiFrance), du Crédit d’Impôt Compétitivité Emploi (CICE) et des dispositifs d’aides directes à l’emploi.

En matière de sécurité publique, il a rendu hommage au travail des forces de police et de gendarmerie mais aussi à tous les acteurs qui se mobilisent autour de cette thématique : conseils locaux de sécurité et de prévention de la délinquance.

Par ailleurs, la sécurité routière demeure aussi une priorité et les actions de prévention et de sensibilisation doivent se poursuivre auprès des usagers de la route, et surtout à l’égard des jeunes générations.

Pour finir, il a présenté les axes principaux de la réforme territoriale, la poursuite des travaux sur la simplification du paysage intercommunal, les enjeux de l’élaboration d’un nouveau schéma de coopération intercommunale qui devra être lancé en 2015 et le chantier de la rénovation énergétique qui va mobiliser les services de l’Etat dans les prochains mois.

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Discours de M. le Préfet

Assemblée générale de l’Association des Maires du GARD

Samedi 14 juin 2014

Madame la Présidente de l’Association des Maires du Gard,

Madame et Messieurs les Députés,

Madame et Messieurs les Sénateurs,

Monsieur le président du Conseil général,

Mesdames et Messieurs les Conseillers Régionaux,

Mesdames et Messieurs les Conseillers Généraux,

Mesdames et Messieurs les Maires,

Messieurs les Sous-préfets, chers collègues,

Mesdames et Messieurs,

Madame le Président, permettez-moi, tout d’abord, de vous remercier pour votre invitation. C’est avec grand plaisir que je participe pour la première fois à votre assemblée générale. Elle constitue chaque année un des moments les plus importants de la vie publique départementale, témoignage du rôle crucial joué par votre association. Merci également à l'EPCC et au maire de Remooulins de nous accueillir dans ce site prestigieux.

Comme vous pouvez le constater à la présence à mes côtés ce matin de plusieurs membres du corps préfectoral, j’attache une importance toute particulière à ce moment rare qui offre la possibilité à l’Etat d’aller à la rencontre de la quasi-totalité des maires gardois, de mieux connaître leurs attentes et leurs préoccupations et de faire connaître priorités et résultats des services de l’Etat.

Je suis heureux de retrouver les maires que j'ai déjà pu rencontrer à l'occasion des 4 réunions de travail que j'avais souhaité organiser après les municipales. La première avait eu lieu à Alès fin avril dernier et la 4e et dernière a eu lieu jeudi dernier à l'Ecole nationale de police de Nîmes.

Comme de tradition, je saisis également l’opportunité de cette assemblée générale pour vous rappeler les mouvements intervenus récemment dans le corps préfectoral :

- Arrivant des Alpes-de-Haute-Provence, François AMBROGGIANI a rejoint l’équipe préfectorale début mars en tant que sous-préfet de l’arrondissement d'Alès, en remplacement de M. Christophe MARX, promu secrétaire général de la préfecture dans le Haut-Rhin ;

- Christophe BORGUS, directeur de mon cabinet depuis un mois a succédé à Julie BOUAZIZ, promue directrice de cabinet dans l'île de La Réunion. Il me représente ce matin à la cérémonie départementale organisée à l'occasion de la Journée nationale des sapeurs-pompiers.

Comme vous m’y avez invité Mme le président de l’Association des Maires, je voudrai me livrer devant vous à un tour d’horizon de l’actualité départementale.

  1.  Emploi/Economie 

 a  La situation de l’économie départementale 

Comme à l’échelle nationale, la situation de l’économie départementale demeure extrêmement fragile mais présente parfois des signes encourageants avant-coureurs d'un retour de la croissance.

 L’INSEEInstitut national de la statistique et des études économiques a enregistré une progression du produit intérieur brut (PIB) français de 0 % au 1er trimestre 2014. Pour la totalité de l'année 2014, le taux de croissance prévisionnel reste fixé à 0,9 %. Dans le même temps, le chômage continue la progression entamée en 2011 mais à un rythme beaucoup moins rapide que les années précédentes. Nous sommes donc en droit de nourrir des prévisions moins pessimistes quant à l’évolution de la situation économique et du marché du travail dans les prochains mois.

La situation de l’emploi dans le Gard, vous me l’avez souvent entendu dire, est ma principale priorité avec la sécurité des Gardois et des Gardoises. La bataille pour l’emploi est loin d’être gagnée. Un actif sur 7 est aujourd’hui encore sans emploi dans notre département, soit un taux de chômage de 13,6 % nettement supérieur au taux national (9,8%) et à peine inférieur à la moyenne de la région Languedoc-Roussillon (13,9%). Si le chômage continue de progresser dans nos territoires, le rythme de sa progression s’est significativement ralenti. Certains mois une baisse est même constatée : cela a été le cas en décembre dernier. Sur un an, la croissance du nombre de demandeurs d’emploi est repassée sous la barre symbolique des 5%, après avoir culminé à 15 %, elle s’établissait même à 4,1 % fin avril. Personne ne peut toutefois s’en satisfaire et tous les services de l’Etat dans le département restent fortement mobilisés sur ce sujet, en particulier les sous-préfets dont vous connaissez l’implication. Je crois même pouvoir dire que cette mobilisation est celle de l’ensemble des pouvoirs publics tant le Conseil régional et le Conseil général mais aussi les agglomérations, les communautés de commune et les communes sont également engagées autour de cette priorité.

Je tiens aussi à saluer ici l’exceptionnelle ténacité de nos entreprises qui font face avec courage aux difficultés actuelles. En milieu urbain comme en milieu rural, des entreprises dynamiques et tournées vers l’avenir ne demandent qu’à se développer. D’autres rencontrent davantage de difficultés – je pense au BTPBâtiment et Travaux Publics -. Notre devoir est de nous tenir à leur côté et de pécher ni par excès de pessimisme ni pas excès d’optimisme.

 b  L’action de l’Etat 

Dans ce contexte difficile, le Gouvernement a fait de la compétitivité de notre économie et de nos entreprises un des axes principaux de sa politique en faveur de l’emploi. Un ensemble de mesures de soutien à l’économie a été décidé il y a dix-huit mois, suite aux préconisations du Rapport Gallois. Sans rappeler les trente-cinq mesures constituant ce Pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi, je souhaite mettre l’accent sur deux d’entre elles me semblant particulièrement importantes.

La création de la Banque publique d’investissement (BpiFrance), tout d’abord. Ce nouveau groupe public, regroupant les services d’OSEO, de la Caisse des dépôts entreprises et du Fonds stratégique d’investissement (FSI), constitue un nouvel outil au service du soutien du financement des PMEPetites et moyennes entreprises et ETI. Elle est opérationnelle depuis début 2013.

La deuxième mesure que je souhaitais mettre en avant est le Crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) suivi de près par la Directrice départementale des finances publiques. Il a pour objectif l’amélioration de la compétitivité de nos entreprises par la diminution de leurs charges, en offrant à l’ensemble des entreprises employant des salariés un crédit d’impôt équivalant à 4 % de leur masse salariale pour 2013 et à 6 % à partir de 2014. L’allègement porte en 2014 sur 20 milliards d’euros et sera porté à 30 milliards en 2015.

Le CICE est aujourd'hui la pièce maîtresse du Pacte de responsabilité et de solidarité annoncé début 2014 par le Président de la République et le Premier Ministre. Il est complété par des mesures nouvelles d'allègements supplémentaires des charges sociales et des impositions de toutes natures pesant sur les entreprises. Elle seront examinées par le Parlement lors de la session extraordinaire du mois de juillet prochain. Le Pacte comporte aussi d'importantes mesures de simplification issues du rapport dit Poitrinal-Mandon et des mesures de solidarité visant à maintenir le niveau de consommation des ménages aux revenus les plus modestes.

Pour lutter directement contre le chômage, le Pacte reprend à son compte les dispositifs d'aides directes à l’emploi. Loin de l’image qui leur est parfois accolée, les contrats aidés sont des dispositifs particulièrement utiles, à la fois dans le cadre de la lutte contre le chômage et du maintien de la cohésion sociale, de la solidarité nationale. Mais je prêche des convaincus puisque bon nombre d’entre vous ici l’ont compris et se sont à juste titre engagés dans la démarche, à l’image du Conseil général et de l'EPCC du Pont du Gard.

Grâce à l’engagement des services de l’Etat et à la mobilisation importante des collectivités, du secteur associatif et des entreprises, ce sont plus de 1 300 emplois d’avenir qui ont déjà été créés dans le Gard depuis fin 2012. Ce sont autant de jeunes très peu ou pas qualifiés que le Gard dans son ensemble a aidé à trouver le chemin de l’emploi, le chemin de la vie adulte, souvent le chemin du logement autonome,…. L’importance de ces 1 300 contrats se mesure à l’aune de la situation des 7 800 jeunes gardois de moins de 25 ans qui étaient encore au chômage au 30 avril dernier.

Je souhaite souligner que 22 % de ces contrats d’avenir ont été signés dans le secteur marchand, c’est-dire en entreprises. Contrairement à ce qui est parfois raconté, ce dispositif n’intéresse donc pas seulement le secteur public et para-public ou associatif.

Il convient en outre de mentionner les 200 contrats de génération déjà signés dans le département et qui ne concernent eux aussi que des entreprises.

Les autres contrats aidés –CAE et CIE- bénéficient pour leur part à d’autres chômeurs notamment aux quinquagénaires et aux chômeurs de longue durée. Le nombre de ces contrats est également en forte progression de manière à ce qu’un maximum de demandeurs d’emploi ne perdent pas tout lien avec le monde du travail.

Pour sauvegarder les emplois existants, la DIRECCTEdirection régionale des entreprises de la concurrence de la consommation du travail et de l'emploi, le commissaire régional au redressement productif, les sous-préfets, moi-même sommes également mobilisés. Nombre de réunions de travail ont lieu sur les dossiers économiques en préfecture ou en sous-préfecture. La semaine dernière, c'est le site industriel Ashland à Pujaut qui a fait l'objet d'une table-ronde.

 2 Sécurité publique et routière

Les pouvoirs publics et les forces de l’ordre ont encore intensifié leurs efforts en faveur de la sécurité de nos concitoyens. Pris dans leur ensemble, les actes de délinquance ressortent à la baisse, confirmant la tendance des années précédentes. Nous n’avons cependant pas le droit de nous en satisfaire car la tâche reste immense et que des sujets d’amélioration sont identifiés.

 Je sais que vous êtes – comme moi et comme le sont nos concitoyens - particulièrement sensibles à la question des cambriolages. Sachez que leur nombre reste élevé mais enregistre une forte baisse depuis 18 mois. Depuis le début de l'année 2014, la baisse s'établit à – 16 % comparée au 5ers mois 2013 en zone Police gérée par la DDSPDirection Départementale de la Sécurité Publique 30 et à – 18 % en zone Gendarmerie. En outre, comme l’année dernière, le taux d’élucidation de ces affaires est bien orienté. Je tiens ici à rendre hommage au travail des forces de police et de gendarmerie qui font preuve d’une mobilisation et d’une adaptation constante.

 Le ministre de l’intérieur a présenté en octobre dernier un plan national de lutte contre les cambriolages et les vols à main armée. Il a été décliné dans le département.

 En liaison étroite avec la profession agricole, la Préfecture et les Parquets ont également mis au point en avril dernier un plan départemental destiné à lutter contre ce phénomène un peu nouveau des vols dans les exploitations agricoles

 Les atteintes volontaires à l’intégrité physique des personnes, c’est-à-dire les « violences, les coups et blessures », se maintiennent pour leur part à un niveau élevé. Le niveau des violences intrafamiliales, en milieu urbain comme rural, reste particulièrement préoccupant. Les services de l’Etat mènent en la matière un travail de fond, en lien avec les procureurs de la République et les présidents des tribunaux de grande instance mais aussi avec les travailleurs sociaux du Conseil général et les intervenants sociaux placés en commissariats ou en brigades de GN.

De façon général, lorsqu’il s’agit de lutter contre la délinquance, la mobilisation de tous les acteurs concernés est nécessaire. Je salue en ce sens les membres des Conseils locaux de sécurité et de prévention de la délinquance – communaux ou intercommunaux, les adjoints en charge de la sécurité et de la tranquillité publiques ainsi que les policiers municipaux dont le concours est précieux.

Nous continuerons à nous appuyer sur des dispositifs innovants en matière de sécurité et de prévention de la délinquance. Notamment sur la vidéoprotection, L’installation de caméras est loin de résoudre tous les problèmes mais elle joue d’abord un rôle dissuasif et s’avère souvent utile pour les enquêtes. Le déploiement de la vidéoprotection se poursuit. Beaucoup de communes se sont engagées dans cette démarche, soutenues financièrement par le Fonds interministériel de prévention de la délinquance (FIPDFonds Interministériels de Prévention de la Délinquance). Je ne peux qu'inciter les communes qui en sont encore dépourvues à s'intéresser à ce dispositif.

Autre exemple d’outils innovants, l’implantation en 2012 et en 2013 de Zones de sécurité prioritaire à Saint Gilles et Vauvert puis à Nimes-Est aura permis d’intensifier la coopération entre services et d’assurer un pilotage resserré des dispositifs de lutte contre une délinquance qui ne s’embarrasse pas des frontières administratives. L’économie souterraine, les trafics ne s’arrêtent pas à certains quartiers, ils en viennent à gangréner tout le territoire, des départements entiers. Je veux donc redire ici que les premiers résultats atteints dans des 2 ZSPZone de Sécurité Prioritaire en matière de démantèlement de trafics, en particulier de stupéfiants sont bénéfiques à tout le département.

 La sécurité routière demeure aussi plus que jamais une priorité. Déjà 14 personnes se sont tuées sur nos routes. Le nombre d’accidents mortels est en hausse par rapport à celui de l’année dernière à la même période de l’année, le nombre de blessés graves (hospitalisés) aussi.

 Notre rôle à tous est donc d’approfondir encore nos actions en faveur de la prévention et de la sensibilisation des usagers de la route. Un effort particulier doit s’exercer auprès des jeunes générations pendant l'année scolaire mais aussi à l'occasion des férias et des fêtes votives.

Sur ce sujet je rappelle que les services de l'Etat viennent d'actualiser la circulaire départementale qui détaille aspects juridiques, conseils et bonnes pratiques. Je vous ai adressé ce document fin mai dernier.

 3 Actualité des collectivités locales 

Pour ne pas abuser de votre patience, je souhaiterais terminer mon propos par l’évocation de quelques dossiers ayant trait à l’actualité de vos collectivités.

 a  La réforme territoriale

 Sur ce sujet sensible, je reprendrai les termes mêmes de la communication faite par le Premier Ministre lors du conseil des ministres du 3 juin dernier :

 Au fil du temps et des lois de décentralisation successives, l'organisation territoriale de la France est devenue trop complexe. Elle est aujourd'hui souvent illisible pour nos concitoyens qui doivent s'adresser à trop d'échelons, trop d'intervenants. En conséquence, l'action publique perd en crédibilité et la défiance augmente parmi les Français. Face à ce constat, le Président de la République a fait le choix du mouvement.

 La réforme sera fondée sur trois axes principaux :

 - des régions plus puissantes et regroupées, pour promouvoir le développement économique, l'emploi et la cohésion territoriale ;

- la montée en puissance des intercommunalités pour que l'armature territoriale repose à terme sur le couple intercommunalités/régions ;

- la redéfinition du rôle des conseils généraux dans la perspective de leur suppression.

Elle sera accompagnée d'une réforme de l'organisation de l'Etat dans les territoires afin de renforcer sa présence.

 La réforme territoriale sera mise en œuvre par deux projets de loi qui seront présentées en conseil des ministres mercredi prochain 18 juin :

- un projet de loi définira la carte des régions et reportera la date des élections régionales et départementales. En effet, afin que cette réforme puisse être définitivement adoptée un an avant les prochaines élections, celles-ci se tiendront en novembre ou décembre 2015. Le scrutin régional sera maintenu, tout en garantissant la représentation de chaque département. Les élections départementales auront lieu concomitamment dans le cadre du mode de scrutin adopté en 2013. L'examen de ce projet de loi commencera au Sénat en fin juin pour une promulgation en novembre 2014 ;

- un autre projet de loi portant nouvelle organisation territoriale de la République accroîtra les compétences des régions, clarifiera les compétences des différents niveaux de collectivités, et renforcera les intercommunalités. Lors de son discours de clôture aux Assises des Petites Villes de France hier à Annonay (Ardèche), le Premier Ministre a annoncé que ce texte serait examiné par le Parlement à l'automne.

 b  La commune

 Dans la tribune publiée le 3 juin dernier dans la presse quotidienne régionale, le Président de la République a précisé la place qu'il entend donner à la commune dans la nouvelle architecture territoriale de la République :

 « Au plus près des habitants, la commune est l'institution à laquelle chaque Français est le plus attaché. C'est dans ce cadre que se pratiquent chaque jour la solidarité et la citoyenneté. Elle doit demeurer « une petite République  dans la grande ». La spécificité de notre pays, c'est de compter 36 700 communes ».

 c  La coopération intercommunale

 Je viens de le dire, la poursuite de la montée en puissance des intercommunalités constitue une des 3 priorités de la réforme territoriale.

 Les schémas de coopération intercommunale (SDCISchéma Départemental de Coopération Intercommunale) adoptés avant fin 2011 et qui ont été mis en œuvre entre le 1er janvier 2012 et le 31 mai 2013 poursuivaient trois objectifs :

  •  l’achèvement de la carte de l’intercommunalité par l’intégration des communes dites « isolées ». Alors qu’il en restait encore 12 il y a trois ans, chacune des 353 communes du département fait désormais partie d’un EPCIÉtablissement Public de Coopération Intercommunale  ;
  •  la rationalisation du périmètre des EPCIÉtablissement Public de Coopération Intercommunale  à fiscalité propre : il existait 31 EPCIÉtablissement Public de Coopération Intercommunale en 2010. Ils sont actuellement 19, dont 3 communautés d'agglomération ayant leur siège dans le Gard. Par son ampleur, ses ambitions, sa méthode de travail, le travail réalisé dans le Gard sur ce sujet a été exemplaire. Les élus doivent en être félicités.
  •  Enfin, la simplification de la carte des syndicats intercommunaux : leur nombre est passé de 257 à 209 ce qui est bien , mais l’effort devra toutefois à mon sens être prolongé car la trop fréquente cohabitation de syndicats et de communautés dans les territoires contribue encore à la complexité du « millefeuille » territorial. Annoncé par le Président de la République et plébiscité par les Français, le « choc de simplification » comporte indéniablement un volet départemental.

Vous souhaiteriez sans doute en savoir plus sur la méthode et le calendrier retenu sur cet aspect de la réforme territoriale.

 Je n'ai pas à ce stade de précisions particulières sur la manière dont le chantier va s'ouvrir.

Un rappel néanmoins : sur ce sujet, le CGCT dans sa rédaction actuelle issue principalement de la loi RCT de décembre 2010 comporte déjà des dispositions claires : selon les termes de l'article L 5210-1-1 : « la procédure de révision du schéma est mise en œuvre au cours de l'année suivant le renouvellement général des conseils municipaux puis tous les 6 ans ». L'élaboration d'un nouveau Schéma départemental devra donc être lancé en 2015. Et comme en 2011-2012, la la CDCICommission Départementale de Coopération Intercommunale, en cours de recomposition, jouera un rôle décisif dans le processus. Je serai amené à mettre en place la nouvelle CDCICommission Départementale de Coopération Intercommunale avant la fin de cette année.

 d  Les finances locales

 La LFI 2014 a mis en oeuvre les principales conclusions du Pacte de confiance et de responsabilité établi entre l’Etat et les collectivités territoriales en juillet 2013. Après une stabilisation en 2013, les concours financiers de l’État sont diminués en valeur de 1,5 Md€ en 2014. Cette baisse doit être mise en rapport avec les 227 milliard de dépenses totales des collectivités locales en 2012.

Pour 2014, cette baisse s'impute sur la dotation globale de fonctionnement (DGF) et est répartie entre les collectivités au prorata de leurs recettes totales, conformément aux préconisations du Comité des finances locales, soit - 840 M€ pour le bloc communal (56 %), - 476 M€ pour les départements (32 %) et - 184 M€ pour les régions (12 %).

Le bloc communal assume 56 % de l’effort, soit 840 M€, répartis entre les communes (588 M€) et les établissements publics intercommunaux (252 M€) au prorata des recettes réelles de fonctionnement.

Pour atténuer l’impact de cette baisse de la DGF sur les collectivités les plus pauvres, le Gouvernement a souhaité poursuivre la montée en puissance des dispositifs de péréquation (FPIC en particulier).

De la même manière, je souhaite vous informer que soucieux de ne pas pénaliser les territoires ruraux, le Gouvernement a décidé de préserver la DETRDotation d’Équipement des Territoires Ruraux : 616 M€ sont réservés à cet effet, soit le même montant qu’en 2013.

Pour le Gard, la DETER s'établit à 8 M€.

 e  Le chantier de la rénovation énergétique

 Avant de conclure, je tenais à aborder brièvement une politique publique qui occupera de plus en plus les services de l’Etat dans les prochains mois et qui demeure encore trop méconnue. Il s’agit du vaste chantier de rénovation énergétique engagé par le Gouvernement. Dans le cadre de la transition énergétique, le président de la République s’est engagé à ce que 500 000 logements soient rénovés par an d'ici à 2017, ce qui entraînerait une diminution de 38 % la consommation d'énergie des bâtiments à horizon 2020.

 Les dispositifs d’incitation mis en place sont triplement bénéfiques. Ils profitent en effet, premièrement, aux occupants de logement, qui verront leur consommation énergétique baisser avec un effet direct sur leur pouvoir d'achat, deuxièmement, à notre environnement, qui bénéficiera de la diminution de la consommation d’énergie et, enfin, au secteur du bâtiment, puisque que cela entraînera un surcroît d’activité pour ses entreprises et ses artisans.

Pour inciter les particuliers à entamer la rénovation thermique de leur logement, les aides fiscales et les subventions versées par l’Agence nationale de l’habitat (ANAH) ont été optimisées. Deux nouvelles primes de 1 350 et 3 000 euros auxquels deux tiers des Français sont éligibles ont été créées, notamment dans le cadre du programme « Habiter mieux ». La baisse de la TVATaxe sur la valeur ajoutée de 10 à 5% sur les travaux de rénovation thermique des logements est également effective depuis le 1er janvier dernier.

Sachez de plus que toute aide versée par une collectivité entraîne un supplément d’aide de l’Etat. Certains particuliers verront ainsi leurs travaux pris en charge jusqu’à 90% et pourront en sus bénéficier d’un prêt à taux zéro pour le reste à charge.

Sachez à titre d’exemple qu’entre une maison mal isolée et une maison très performante, la facture d’énergie peut être réduite de près de 200 euros par mois. Tout le monde a donc à y gagner.

Cette politique publique sera à l'ordre du jour des Assises de l'Habitat que les services de l'Etat et le Conseil général co-organiseront le 24 juin prochain au Pont du Gard.

Voilà les dossiers que je voulais évoquer avec vous aujourd’hui. Je m’excuse par avance de ne pas avoir abordé d’autres grands sujets intéressant la vie de notre département (urbanisme, politique de la ville, prévention des risques, rythmes scolaires,…).

 Vous le savez, la période que nous traversons est difficile. Elle nous commande des efforts nécessaires dans la perspective du redressement de notre pays. L’Etat est conscient que les sacrifices que les collectivités territoriales consentent sont importants, à l’image de ceux que les services de l’Etat fournissent eux-mêmes depuis plus de dix années déjà. Plus que jamais notre action doit être guidée à l’aune de l’intérêt général et de la ferme volonté de léguer une France dynamique et prospère aux générations futures.

 C’est le défi que vous-mêmes ou vos prédécesseurs avez collectivement relevé pendant ce mandat qui s’est achevé en mars dernier. Même si les temps sont difficiles, j’espère que la confiance dont vous ont témoigné nos concitoyens il y a trois mois saura guider votre action et vous procurer de grandes satisfactions. Il n’est pas facile d’exercer des fonctions d’autorité dans nos sociétés modernes. Pour autant elles sont indispensables à notre « vivre ensemble », à notre démocratie, à notre Nation. Comme d’autres vous les incarnez et nos concitoyens vous doivent respect, considération et reconnaissance.

 Je vous remercie de votre attention.