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Concours national de la Résistance et de la Déportation et distinction d’une ancienne déportée

 
 
Mercredi 25 mai 2016, Denis Olagnon, secrétaire général de la préfecture du Gard, représentant Didier Lauga, préfet du Gard, a participé à la remise des prix aux lauréats départementaux du concours national de la Résistance et de la Déportation, dont le thème cette année était, « Résister par l’art et la littérature ».

Le Concours national de la Résistance et de la Déportation (CNRD) a été institué officiellement en 1961 par Lucien Paye, alors ministre de l'éducation nationale, à la suite d'initiatives d'associations d'anciens résistants et déportés. Au succès jamais démenti, le concours est un moment fort, de la jeunesse qui se penche sur l'une des pages les plus douloureuses de notre Histoire.

Il s’agit de perpétuer auprès des plus jeunes l’indispensable devoir de mémoire.

Comme le disait Françis ROSENSTIEL, professeur à l’université de STRASBOURG : « Un peuple sans mémoire perd toute dignité et n’est jamais porteur d’avenir ».

Dans le Gard, depuis de très nombreuses années, les services de l’État (préfecture, Office National des Anciens Combattants et des Victimes de Guerre, l’inspection d’académie), les associations de résistants et de déportés et les élus (mairies ou conseil départemental), se mobilisent autour des valeurs essentielles du Conseil National de la Résistance, fondé le 27 avril 1943 par Jean Moulin.

À l’issue de cette remise des prix, Andrée Julien, ancienne résistante et déportée gardoise, a été honorée dans les salons de la préfecture par Denis Olagnon, secrétaire général, et Christian Patoz, inspecteur d’académie, qui lui ont remis au nom du ministère de l’Éducation Nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, les insignes de commandeur des palmes académiques.

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RECEPTION DES LAUREATS DU CONCOURS DE LA RESISTANCE

MERCREDI 25 MAI 2016

 HOTEL ATRIA

  • Madame la Présidente du comité de coordination des associations de déportés, internés, résistants (Mme Jacqueline VIGNE, ancienne résistante) ;
  • Monsieur la conseillère municipale représentant Sénateur-Maire de Nîmes ;
  • Messieurs les Vice-Présidents du Conseil départementale (MM. Patrick MALAVIEILLE et Christian BASTID) ;
  • Madame la Conseillère départementale (Mme FARDOUX-JOUVE) ;
  • Madame la directrice départementale de l’ONACOffice National des Anciens Combattants et victimes de guerres ;
  • Madame la directrice académique adjointe des services de l'éducation nationale (Mme Elisabeth AUBOIS) ;
  • Mesdames, Messieurs les représentants du monde combattant 
  • Mesdames et messieurs les proviseurs, principaux, professeurs;
  • Mesdames et messieurs, chers élèves ;

Permettez-moi tout d'abord de vous exprimer les excuses du Préfet Didier LAUGA qui avait prévu d'être parmi vous aujourd'hui, mais s'en trouve empêché en raison d'une réunion des Préfets à Toulouse.

Il m'a demandé de vous exprimer ses regrets et de vous transmettre ses plus chaleureuses félicitations pour votre engagement et les travaux que vous avez menés.

C'est pour moi, un privilège et un plaisir de participer à cette cérémonie de récompense des lauréats de l'édition 2016 du concours national de la Résistance.

Qu'il me soit permis, à mon tour, de féliciter et de remercier l'ensemble des participants de perpétuer ainsi le devoir de mémoire qui nous incombe à tous, à l'égard des femmes et des hommes qui refusèrent de se résigner à l'occupation de notre pays par l'Allemagne nazie il y a plus de 76 ans.

Mes remerciements vont bien sûr également à leurs professeurs qui se sont investis dans cette démarche civique, à l'inspection académique ainsi qu'aux bénévoles du Comité de coordination des associations de déportés, internés et résistants du Gard (CADIR) qui, malgré les années qui passent, témoignent avec la même énergie, auprès des jeunes générations, sur cette sombre période de notre histoire.

Après le thème : « La libération du territoire et le rétablissement de la République », retenu l'an dernier, le sujet proposé cette année à la sagacité des collégiens et lycéens n'était pas moins complexe et passionnant puisqu'il s'agissait de composer sur le thème : « Résister par l'Art et la littérature ».

Malheureusement l'actualité internationale, nous rappelle avec force toute l'acuité de ce thème et combien l'Art et la Culture constituent des remparts au développement de l'obscurantisme. Comment en effet ne pas faire le rapprochement entre le thème de votre réflexion et l'action aveugle de fanatiques qui détruisent des richesses archéologiques millénaires et de précieux manuscrits, témoins indésirables de ce creuset des civilisations (perse, romaine, arabe).

Pourquoi de tels actes ?

Tout simplement parce que le fanatisme et la barbarie, pétris de certitudes assénées, s'accommodent mal de la culture, de la connaissance et du pluralisme des idées, pour mieux tenir sous leur joug des populations qui n'ont d'autre choix que d'adhérer à une idéologie mortifère, de fuir ou de mourir.

RESISTER, c'est aussi le mot que grava Marie DURAND dans la pierre de la Tour de Constance d'Aigues Mortes, où elle resta emprisonnée durant 38 ans avec ses compagnes d'infortune, pour avoir refusé d'abjurer sa foi.

Comment ne pas évoquer également « GUERNICA », l'un des tableaux les plus célèbres de Pablo PICASSO réalisé en 1937 par le peintre pour témoigner son horreur et sa colère à la suite de la destruction de ce village espagnol par les troupes allemandes et italiennes, comme un prélude au déluge de feu qui allait déferler sur toute l'Europe quelques années plus tard.

Le pinceau ou le crayon peuvent sembler des armes dérisoires face à la barbarie pourtant leur force reste puissante. N'est-ce pas un journal satyrique qui a été visé par les terroristes en janvier 2015 ?

Les premiers actes de résistance en 1940 n'ont ils pas commencé par des graffitis sur les murs pour s'opposer à l'occupation de notre pays par l'Allemagne nazie ainsi qu'au gouvernement de Vichy qui, très vite, choisira la voie de la collaboration avec l'ennemi.

Mme la Présidente du CADIR pourrait en témoigner puisque c'est ainsi que débuta son engagement dans la Résistance.

Comment ne pas évoquer le chant des partisans dont les paroles furent écrites par Joseph KESSEL et Maurice DRUON et la musique par Anna MARLY. Véritable hymne à la Résistance qui rassembla les femmes et les hommes qui refusèrent d'être asservis.

Chacun pourra relire la lettre poignante de Michel MANOUCHIAN, écrite quelques heures avant qu'il ne soit fusillé avec vingt-trois autres camarades, le 21 février 1944 . Ce texte est un témoignage d'amour à sa femme et de tolérance adressé à l'humanité toute entière. Un message d'espérance dont les circonstances dramatiques qui l'entourent, renforcent la puissance.

Permettez-moi d'en citer un bref extrait :

« Au moment de mourir, je proclame que je n'ai aucune haine contre le peuple allemand et contre qui que ce soit. Chacun aura ce qu'il méritera comme châtiment et comme récompense. Le peuple allemand et tous les autres peuples vivront en paix et en fraternité après le guerre qui ne durera plus très longtemps. Bonheur à tous... ».

Pour conclure, je voudrais voir dans l'engagement de notre jeunesse pour maintenir vivante la flamme de la Résistance, un message d'espoir sur la force des valeurs républicaines qui nous rassemblent.

Je voudrais également souligner combien la connaissance de notre histoire collective s'avère primordiale pour mieux comprendre notre monde et éviter de reproduire les mêmes erreurs.

Au journaliste qui lui demandait quel conseil il donnerait aux jeunes gens pour affronter l'époque compliquée qui est la nôtre, UMBERTO ECO qui nous a quitté en février dernier répondait : « LISEZ ! » parce que cela prolonge votre vie. Lorsque l'illettré ou l'analphabète mourra, il aura vécu 70 à 80 ans. Il se souviendra de souvenirs personnels. Mais lorsque je mourrai, j'aurai été présent à l'assassinat de Jules César, à la bataille de Waterloo, à la mort d'Anna Karénine. Lire et le moyen de prolonger sa propre vie ».

J'ajouterai que la lecture est un puissant antidote contre la pensée unique.

Au moment où les rangs des témoins de la seconde guerre mondiale se font plus clairsemés , votre travail est aussi un témoignage de reconnaissance des jeunes générations au sacrifice consentis par nos anciens pour sauver les valeurs républicaines.

Dans une époque perturbée, il revient à chacun d'entre nous de conserver en mémoire cet exemple d'abnégation pour la défense des valeurs universelles de liberté et de tolérance.

Je vous remercie.